Ce 30 août, en présence de Charline Van Snick, médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Londres, grâce à sa bonne réputation dans le millieu du Judo acquise depuis 1951, c'est le Royal Judo Club de Nivelles qui a été choisi par le Ministre des Sports de Wallonie et de la Communauté française de Belgique pour annoncer (promettre ?) une augmentation de l'enveloppe financière allouée aux arts martiaux. Ce qui est particulièrement important pour favoriser la progression des jeunes.

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Le mot d'accueil du Président au Ministre :
Monsieur le Ministre,
Au nom des Judokas présents, des Membres du Comité, c’est un plaisir pour nous de vous accueillir dans les locaux d’un des plus anciens clubs et écoles de Judo du Pays. On pratique, en effet, cet art et ce sport à Nivelles depuis 1951.
De plus, grâce à vous aujourd’hui, nous pouvons féliciter chaleureusement et surtout personnellement Charline pour la superbe médaille acquise aux jeux olympiques, la compétition la plus prestigieuse d'une l’esprit du public. Et nous savons que si pour elle, ce n'est qu'une confiirmation, c'est aussi le début de la grande carrière que nous lui souhaitons tous. Nous tenions beaucoup à lui remettre un souvenir de sa visite et lui dire qu'elle sera toujours la bienvenue chez nous. L'entraînement qu'elle vient de donner à nos jeunes pratiquants restera, j'en suis certain, un grand moment dans leur vie sportive..
Il faut d’ailleurs faire remarquer que depuis son inscription officielle comme sport olympique en 1972 pour les hommes et 1992 pour les femmes, rares sont les années où nos judokas n’y ont pas brillé.
Dès l’origine, le Judo a été voulu comme un véritable moyen d'éducation tant physique que moral. Il en va ainsi des règles suivantes : « entraide et prospérité mutuelle », « minimum d'effort et maximum d'efficacité ». Maître Kano, le fondateur a toujours assuré que ces mêmes principes pouvaient s'appliquer non seulement à l'amélioration du corps, de la force physique et morale, mais aussi dans la vie professionnelle et familiale. Il mit en avant la nécessité de coopérer et d’entretenir des relations respectueuses avec autrui. C’est ce qui fait la différence avec de nombreuses autres pratiques sportives.
A côté des jeux, sports spectacles, ou plutôt « spectacles sports » professionnels et rémunérés, (si !) chers aux médias audiovisuels officiels pourtant subsidiés par les pouvoirs publics, et sans mettre en cause, bien au contraire, la compétition qui reste prédominante, il y a de véritables démarches humanistes – ce terme étant pris en l’occurrence sans connotation politique partisane évidemment ! – il y a des formes de pratique sportives, mettant en avant le plaisir, la santé, l'éducation ou l'épanouissement. Le terme de « sport » a d’ailleurs pour racine le mot de vieux français « desport » qui signifie « divertissement, plaisir physique ou de l'esprit ».
Si par des contrats d’élite sportive, les pouvoirs publics apportent – et c’est heureux - leur soutien aux éléments doués qui ont choisi la compétition, le dernier paragraphe de votre communiqué de presse du 28 juillet, au soir du dernier combat de Charline - nous a apporté beaucoup d’espoir, Monsieur le Ministre. Y lire qu’« inciter de nouveaux jeunes à la pratique sportive et plus particulièrement à la pratique du judo » ne peut évidemment que nous réjouir. C’est qu’ainsi, vous montrez que vous avez compris qu’il est difficile - même aux plus doués - de progresser et d’atteindre un niveau international si - dès leurs débuts - ils ne peuvent se confronter et surtout confronter leur pratique à de nombreux autres pratiquants. L’émulation est, en effet, un facteur essentiel de progression.
Oserais-je dire qu’ainsi, à votre manière et votre niveau certes, vous vous inscrivez dans les brisées de l'immense Homme d’Etat que fût le Général de Gaulle qui a compris - en 1960 après les J.O. de Rome - que pour les pouvoirs publics – tous les pouvoirs publics - investir dans le sport avait un impact considérable sur l’image positive que les citoyens avaient de leur pays. Ce n’est pas le seul moyen, mais l’image de dynamisme, de courage et de volonté que donnent, tant les sportifs de haut niveau que les simples pratiquants agit sur le moral de tous et change positivement l’image qu’ont les citoyens de leur pays, ferment de sentiment d'appartenance, d'identité et de patriotisme. 100 ans après Jules Destrée et sa lettre au roi, moment fondateur, la Wallonie, maintenant qu’elle a acquis encore un peu plus d’autonomie, en a aussi besoin pour retrouver son rang dans le monde.
Votre communiqué du 28 juillet était porteur d’espoir, Monsieur le Ministre, Votre visite, aujourd’hui, témoigne de votre intérêt pour notre pratique. Soyez donc le bienvenu.
Claude Thayse, Président du RJCN